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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 19:07
Bon, mine de rien on avance, on avance : pour le dernier cours les premiers storyboards sérieux sont tombés, mais je ne les mettrai en ligne que la semaine prochaine ou encore plus tard, parce que les vacances commencent aujourd'hui. Pour ceux qui connaissent déjà les migraines des zones A B et C en France, avec ses 700 km de large, imaginez ce que ça donne au Kazakhstan avec des élèves chinois et avec la frontière chinoise qui ferme du 14 au 27 et 3000 km d'Est en Ouest : en gros pas classe pendant un mois, le temps que tout le monde rentre chez soi au moins quelques jours. J'ai bien pris les mails et les téléphones de chacun mais j'ai comme un doute sur le fait qu'ils crayonnent entre deux toasts.
Depuis octobre je vous ai déjà parlé DES élèves, je vous ai parlé DES projets qui changent au jour le jour (encore aujourd'hui une réunion de plus et sûrement pas la dernière), je vous ai montré DES dessins, mais aujourd'hui on va parler d'UN élève, un peu particulier, vu qu'il a 10 ans de plus que moi, qu'il dessine mieux que moi, qu'il est le seul à vraiment faire de la BD en pensant l'inverse - le contraire de pas mal de monde - et vu surtout qu'il est le seul kazakh à importer de la bande dessinée française au Kazakhstan... le phénomène Murat Alimov.


Murat au travail, chez lui. Pour tous les parents qui s'affolent quand leur enfant leur annonce qu'il sera artiste et qui l'imaginent déjà grelotter dans un appartement misérable non chauffé et manger des tubercules douteux pour survivre, Murat travaille dans son salon, vautré sur un tapis angora, devant un écran plasma, avec la chaîne hifi allumée. Je pense que ce serait une bonne idée de l'amener aux journées orientation de fin d'année des collèges, ça encouragerait les vocations.

Avant de faire une mini biographie de Murat et de raconter comment je l'ai rencontré, et plutôt que de perdre du temps à lui faire des compliments, voici ce qu'il a fait le dernier cours en moins d'une heure, j'avais demandé aux élèves de commencer à chercher leur histoire, leur personnage etc...




7.jpg8.jpg9.jpg10.jpg
Et Superkazakh est né...

J'ai rencontré Murat l'an dernier, lors de la première masterclasse, où il est arrivé le premier cours avec son bloc et son feutre noir, et s'est assis au premier rang d'où il n'a plus bougé. Pendant deux mois il a rempli des feuilles de croquis par dizaines sans jamais s'attaquer franchement à une histoire, comme un élève très doué et très pénible qui s'amuse à vous filer entre les doigts, mais il est arrivé le dernier jour avec cette histoire, faite la veille au soir.
ma-01.JPGma-02.jpgma-03.jpgma-04.jpg
ma-05.jpgL'histoire est adaptée d'une blague connue : deux clochards trouvent dans une poubelle un poisson magique qui leur promet d'exaucer un voeu. Après avoir hésité (vodka, argent) ils tombent d'accord pour demander la fin des guerres dans le monde, le poisson acquiesse, et fait sauter l'humanité...

Murat travaille aujourd'hui comme dessinateur de presse, pour une dizaine de magazines différents au Kazakhstan et en Russie, et comme éditeur indépendant, qui s'efforce de faire connaître la bande dessinée au Kazakhstan (il edite la série "Okko" de Delcourt, et bientôt "Sillage"). Avant de venir ici, il y a deux ans, j'avais fait quelques recherches sur le net en espérant trouver à Almaty des dessinateurs que j'aurais pu rencontrer - ignorant alors que je commencerais un jour ce projet - et j'étais tombé sur le - très bon - site de Murat : www.comics.kz qui présentait des auteurs kazakhs. Je lui ai donc aussitôt envoyé un e-mail très poli et enthousiaste, en russe, anglais, francais et espagnol, pour le rencontrer au plus tôt, sans malheureusement jamais recevoir de réponse ; jusqu'au jour où Murat est arrivé en cours et m'a expliqué qu'il avait pris mon e-mail pour une blague et l'avait donc effacé.
C'est vrai qu'un auteur de bd kazakh c'est déjà rare, mais qu'un auteur de bd français aille au Kazakhstan et souhaite rencontrer un auteur de BD kazakh c'est à peine plus crédible que les e-mails des orphelines congolaises qui vous proposent de partager la somme de 15 000 000 USD (Quinze millions de dollars US) vous sachant bon chrétien et suffisament gentil pour leur donner d'abord votre numéro de CB.
Bref la rencontre manquée a été rattrapée et j'ai découvert le travail de Murat : un dessin très personnel, autodidacte (Murat est examenophobe, il n'est donc jamais allé aux Beaux-Arts, avant l'an dernier) et très efficace. En contrepartie, comme tout autodidacte, et comme tout autodidacte doué déjà professionnel depuis quelques temps il a été difficile pour lui de s'engager dans une nouvelle direction. Le plus marrant était que Murat réclamait de la BD affirmant qu'il en était incapable mais refusait systématiquement le moindre exercice que je lui proposais, s'en sortant à chaque fois par une pirouette. S'il avait mis seulement un quart de l'énergie qu'il consacrait à se défiler, à l'élaboration d'une petite histoire il aurait déjà signé deux ou trois chef-d'oeuvres.


Cette année, le projet étant un peu plus ambitieux, et lui donnant l'occasion de s'exprimer pleinement, mieux qu'une exposition ne l'aurait fait - à son niveau la motivation est peut-être plus exigeante, Murat a enfin commencé à se frotter à la bande dessinée. C'est à dire qu'il a fait l'effort de ne pas sauter d'un personnage à un autre pendant 60 longues minutes (le temps qui lui a été nécessaire pour trouver SuperKazakh). C'est peut-être un effet secondaire du travail de dessinateur de presse qui travaille en général dans l'urgence, à la recherche d'UNE idée et qui la couche sur le papier en vitesse pour passer une autre. Le problème c'est que pour l'écriture et le dessin d'une histoire de 15 planches, l'urgence doit être canalisée un minimum et ça demande un GROS effort. Mais j'ai confiance, cette fois ça a l'air bien parti... enfin j'irai quand même chez lui d'ici quelques jours pour vérifier qu'il n'est pas encore parti sur autre chose.

Murat nous a invité chez lui quand Sylvain était ici pour partager un bishbarmak (plat traditionnel à base de moutons, oignons, sauce et pates ressemblant à des lasagnes. Bish veut dire "5" en kazakh, et Barmak "doigts", soit  "allez-y, pas de fourchettes". C'est la seconde fois que je joue le guide, ce sera la dernière.) En entrant chez lui, une quarantaine de sacs remplis de livres encombraient le couloirs. Je lui ai demandé s'il s'agissait de tous ses dessins, qu'il mettait de côté depuis le collège, mais il m'a répondu que j'avais simplement devant moi les albums français qu'il avait fait traduire et qu'il n'arrivait pas à distribuer. J'ai essayé d'imaginer quelle pouvait être pour lui la difficulté d'exercer une passion que presque personne ne partage autour de lui - je suis un peu dans le même cas, à l'exception près que mon satut de français me confère quelques avantages, et que je travaille avec des clients français en plus de bosser ici. Finalement la conclusion était la même qu'en visionnant les dessins animés à Shimkent : difficile de s'épanouir dans une activitié artistique sans un minimum de communication et d'empathie.

Parmi tous les gens que j'ai rencontrés ici, professionels et étudiants, Murat est l'un de ceux chez qui la bande dessinée est un langage évident : il y a déjà dans son travail tous les éléments importants, qu'il convient simplement de nommer et clarifier pour qu'il les maîtrise complètement et les mettent au service des histoires qu'il voudra raconter.

Crocodile.JPGEt en plus il ne se prend pas au sérieux

Pour finir, voici le petit CV qu'il m'a demandé de mettre en ligne. N'hésitez pas à le contacter.



Murat ALIMOV

Cartoonist, graphic artist, graphic designer. Was born on March 18, 1971 in Atyrau (Kazakhstan). Permanently live in Almaty (Kazakhstan) now.

Participant of international cartoon contests, have numerous awards and Grand Prize in Kruishoutem (Belgium) in 1993 among them.

Work with different newspapers (“Kapital”, “The Kazakhstan Monitor”, “Bolshaya gazeta”, “Biznes i vlast”) and magazines (“Mir Evrazii”, “Exclusive”)

Created Cartoon.kz Kazakhstani cartoonists (illustrators, animators) site.

Owner of Comics.kz publishing company aimed at comic books popularization in Kazakhstan.

Started publishing comic books under Delcourt (France) license.

Looking for an investor for beneficial cooperation in issuing licensed comic books.

 
Contacts :

tel. +7 727 256 46 67
cell +7 701 711 55 33
cell +7 777 214 01 04
email : murat.alimov@gmail.com
email : comics@comics.kz
site : www.comics.kz
skype : comics.kz
icq : 350 443 923

 

Мурат АЛИМОВ

 

Карикатурист, художник-график, график-дизайнер. Родился 18 марта 1971 в Атырау (Казахстан). Сейчас живу в Алматы (Казахстан).

Участник международных конкурсов карикатуры, среди премий – 1 место (Круисхоутем, Бельгия, 1993).

Сотрудничаю с печатными изданиями - газетами “Капитал”, “The Kazakhstan Monitor”, “Большая газета”, “Бизнес и Власть” и журналами “Мир Евразии”, “Exclusive”.

Основатель сайта Cartoon.kz – сайта карикатуристов (иллюстраторов, аниматоров) Казахстана.

Основатель издательства Comics.kz , целью которого является издание и популяризация комиксов в Казахстане. Начал выпуск комиксов по лицензии Delcourt (Франция).

Ищу инвестора для взаимовыгодного сотрудничества в издании лицензионных комиксов.

Контакты :

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 18:36

Вот и другие рисунки, которые были сделаны месяц назад; с того момента, как у меня появилась ассистентка, сканер наверстывает свое опоздание. В очередной раз темой является портреты, но в этот раз это Кайрат, переводчик, которого надо было нарисовать. Кстати, спасибо ему, и не только за его терпение и за участие в такого рода упражнениях, но и за перевод уроков, которые не  так уж легко перевести с одного языка на другой, но переводить на целых два языка еще сложнее, к тому же приходится переводить дисциплину, словарь которой, не существует, рассказывать об абстрактных понятиях, шутить с учениками – все это настоящий подвиг. В особенности, когда тебе всего лишь 22 года и ты только закончил университет. Так как здесь я работал со многими людьми, Кайрат из таких редких людей, которые способны соблюдать тон и ритм работы, поэтому урок проходит живо и интересно; и еще один комплимент: у него получается забыть языковую дистанцию, которая существует между мной и моими учениками. Это мне напоминает один пассаж из Мафальды, когда она представляет себя, работающей в качестве переводчика в ООН для того, чтобы уладить конфликты, между различными диктаторами, делая перевод их недовольства по своему усмотрению; или еще историю Лозье, где один переводчик допускает ошибки в переводе между двумя диктаторами, что ведет к катастрофе (по мотивам снят фильм с Луи Рего в роли переводчика). У Кайрата то же самое… он внимательно переводит, то, что я говорю, и то, что просят ученики – и все идет хорошо.

Так, теперь вы увидите, что произошло на уроке. В очередной раз, секундомер в руке, задание: Кайрат, и покажите мне, что он казах (впрочем, для моего портрета, я просил: НИКАКИХ ЭЙФЕЛЕВЫХ БАШЕНЬ, но не все это поняли). Это получилось вот так. И для того, чтобы вы лучше оценили, показываю вам фотографию Кайрата

 
И
вот. Если посмотреть на эти рисунки и на портреты меня, которые рисовали эти же ученики, можно сделать вывод: каждый француз живет в районе 400 метров рядом с Эйфелевой башней, или все французы живут как МИНИМУМ в 400 метрах от нее, и каждый казахстанец – грозный всадник на коне где-нибудь в степи, с мечом и галуном, или без них. Видение Франции здесь отображается при помощи средств массовой информации, а видение Казахстана, появляется уже со школы: молодая страна, которая пытается найти свои корни, как большое дерево, которое пересадили, чувствующее свою хрупкость.
По этому поводу рисунок Айжан, персонаж которой держит руку на сердце, рядом стоит яблоня (яблоко – символ Алматы, Алма-Ата на казахском обозначает "отец яблок").  Два единственных рисунка, которые выделяются из общей массы, это работа Мурата Алимова, достаточно юмористичная, и работа Асхата, очень академичная, с упоминанием флага на футболке.
Может быть, эти рисунки смогут помочь ощутить сложность, которую испытывают ученики, рассказывая о себе самих и о своей стране в своих собственных историях. Не так уж легко отдалиться от самого себя, для того, чтобы почувствовать себя персонажем, когда живешь в действительности, такой близкой к самому себе…
Я задам делать это же упражнение в конце года, для того, чтобы увидеть насколько изменятся взгляды через шесть месяцев.

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 05:28
Voilà d'autres dessins qui datent d'un petit mois, depuis que j'ai une assistante le scanner rattrape son retard. Encore une fois il s'agit d'une séance de portraits, mais ce jour là c'est Kairat, le traducteur, qui s'y est collé.  Au passage,  merci à lui, et pas seulement pour sa patience ou pour se prêter à ce genre d'exercice :  traduire un cours d'une langue à l'autre n'est déjà pas un exercice évident, le traduire en deux langues l'est encore moins, mais quand en plus il s'agit de traduire une discipline dont le vocabulaire n'existe pas,  de restituer des notions abstraites, et des blagues de collégiens, ça devient une véritable prouesse. Surtout quand on n'a que 22 ans et qu'on sort juste de l'université.  Pour avoir travaillé avec pas mal de personnes ici, Kairat est l'une des rares qui arrive aussi a conserver le ton et le ryhtme des propos - ce qui fait qu'un cours est vivant ou rébarbatif - et encore un compliment : il arrive à faire oublier la distance qui existe entre mes élèves du fait de la langue. Ca me rappelle un strip de Mafalda où elle s'imagine plus tard travailler comme traductrice à l'ONU pour arranger les conflits en traduisant à sa convenance les diatribes des différents dicateurs - et aussi une histoire de Lauzier ou un traducteur enchaîne les erreurs dans une rencontre entre deux dictateurs qui vire à la catastrophe (histoire adaptée au cinéma avec Luis Rego dans le rôle du traducteur). Et ben Kairat c'est un peu pareil...  il fait le tri dans ce que je raconte et dans ce que les élèves me demandent , et tout va bien.

Bon, maintenant vous allez voir ce qu'il s'est pris dans la gueule pendant cette séance. Encore une fois, chronomètre à la main, consigne, Kairat, et montrez-moi qu'il est kazakh (d'ailleurs pour mes portraits, j'avais demandé : PAS DE TOUR EIFFEL, la consigne est moyennement passée). Ca a donné ça. Et pour que vous puissiez mieux  juger  : une petite photo de Kairat.


Kairat Jaxilikov - le vrai.

Mika Dungenbaeva

Kairat-Askhat010.jpgAskhat


Anonyme

Aijan

Kairat-Comix011.jpgMurat Alimov
Petite précision : l'instrument de musique tenu par le personnage s'appelle une DOMBRA, c'est une sorte de guitare à deux cordes avec laquelle s'accompagnent les chanteurs traditionnels. Je ne ferai pas souvent ce genre d'aparté culturel alors profitez-en.

Kairat-Dastan003.jpgDastan

Kairat-Gulbakyt008.jpgGulbakyt


Katya

Kairat-Meirman012.jpgMeirman

Kairat-Nagyz-Kuanysh005.jpg
Kuanish Nagyz

Kairat-Sana002.jpgSana Sabyrgalyeva

Juldiz Shangeri


Turdybek

Kairat-Tynyshkali006.jpgTynysh

Kairat-Yaroslav009.jpgYaroslav

Et voilà. Si on s'en tient à ces dessins, et aux portraits faits de moi on arrive à cette conclusion édifiante : chaque français possède une tour Eiffel dans un rayon de 400 mètres - ou tous les français vivent à MOINS de 400m de la tour Eiffel et chaque kazakh est un redoutable cavalier, chevauchant sa monture dans les steppes, avec ou sans épée et galons. L'image de la France ici est celle que véhiculent avec complaisance tous les médias, et celle du Kazakhstan, celle qu'on apprend d'abord à l'école : un pays tout neuf qui s'efforce de trouver ses racines, comme un grand arbre qu'on aurait replanté et qui se sentirait encore fragile.
A cet égard le dessin d'Aijan, personnage main sur le coeur, avec à côté le pommier (la pomme est l'emblème d'almaty, alma-ata en kazakh, "le père des pommes") est symptomatique. Les deux seuls dessins qui sortent du lot sont ceux de Murat Alimov, franchement humoristiques et d'Askhat, très académique, avec le rappel du drapeau sur le tee-shirt.
Peut-être que ces portraits feront mieux comprendre la difficulté qu'éprouvent les élèves à parler d'eux-même et de leur pays dans leur propre histoire. Pas évident de prendre de la distance par rapport à soi, pour se considérer comme étant un personnage, quand on vit au quotidien si proche de soi-même...
Je referai faire cet exercice à la fin de l'année, histoire de voir si en six mois les regards ont changé.
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 06:40
Вот некоторые из них, нарисованные учениками на прошлой неделе с данной темой "Сильван познает Шымкент"… Я напоминаю, что у них было полчаса на выполнение задания, и что большинство даже и не притронулось к карандашам, разве что для того, чтобы нацарапать сториборды их коротко-метражных рисунков. Кстати, если хорошо присмотреться, видны различные приметы: размер кадров почти всегда одинаков, данные им номера тоже приблизительно похожи, отсутствие диалогов… Вы заметете повторяющееся во многих работах присутствие юмора, как будто любая история должна быть обязательно смешной с того момента, как она была написана, как будто комиксы и мультфильмы являются лишь способом развлечения. Я, приехавший со своими планами написания автобиографии, забыл об ее написании, но это не важно.

Здесь, как и везде, те, которые наиболее восприимчивы тенденциям, которые их окружают, и молодые создатели, прежде всего, повторяют то, что видят, и то, что любят. Поэтому если банановая кожура опять в начале всех хит-парадов – без проблем; пусть рисуют их килограммы за килограммами, для того, чтобы люди читали комиксы.  

 

Другие люди последуют им, если это получится.

Aday Abeldinov
 
 

Следующая интересная вещь, которая часто фигурирует в работах студентов: ощущение ситуации, юмор (ячейка номер 2), ассоциированный с достаточно удивляющей нехваткой размаха в развитии истории (работа выше является продолжением идей без логической связки). Много спонтанности, но многовато головной боли, когда надо заполнить больше чем 3 ячейки.

Marina-Marelskaya019.jpgMarina Marelskaya
 
 

Там, где вы видите слова персонажа в кружке, исходящие из его уст, во второй ячейке, вы можете даже увидеть Антонио Бандераса (в то время как Сильван – маленький блондин, но французский паспорт открывает двери всем мечтам, так как студенты меня считают больше похожим на Пьера Ришара чем на Романа Дюриса…) можно так же заметить ячейки варьированного формата (не только ячейки и двойные ячейки). Зато, это еще и является часто встречающееся проблемой: немало учеников работает в альбомном формате, что не является хорошей идеей, для того, чтобы написать комикс, который, в конечном счете, будет в вертикальном формате.

Yulduz.jpgJulduz
 
 
 

И опять у нас есть сториборд фильма, но это нормально – Жулдыз работает монтажницей в Казакфильме

Следующая история является лучшим сюрпризом занятия, нарисованная обычным учеником, не гением. Либо сама тема, либо условия, но на этот раз он показал все самое лучшее (это ужасно, я начинаю говорить как преподаватели академии…), его работа проста, забавна и хорошо нарисована. 

Shimkent-Yaroslav-1.jpg
Shimkent-Yaroslav-2.jpg

Shimkent-Yaroslav-3.jpgYaroslav Dvoryaninov

Если вы внимательно посмотрите, в работе присутствуют почти все ингредиенты хорошего комикса, ему не хватает лишь немного времени и это даст неплохой результат…

 

Я вам уже говорил несколько дней назад о маленьком гении 13 лет, которая заполняет свои тетради, она принялась за старое: ее мама привела ее ко мне, с ее младшей сестрой, и мне призналась с наполовину гордым, наполовину настороженным видом, что ее дочка заполнила еще 3 тетради на этой недели. В это невозможно поверить: идеи настолько быстры в ее голове, что на одной странице из двух, она рисует только первую часть – всегда самую важную – ее персонажи, для того, чтобы не потерять сюжетную линию. Посматривая ее тетради, возникает ощущение, что она нашло свой способ самовыражения, и что она наверстывает потерянное время. Ее история на тему Сильван в Шымкенте не очень хорошо нарисована, но в отличие от многих учеников, в ее работе есть логика, есть даже репетиционная комичность (как если бы она уже была б знакома нарративными правилами). Это достаточно странно: я иногда думаю про себя, что она только что просмотрела работы всех классиков перед тем, как начать недавно придумывать собственные истории.

Ее зовут Айжан.

Shimkent-Mukaeva-Aizhan-3.jpg
Shimkent-Mukaeva-Aizhan-2.jpg
Shimkent-Mukaeva-Aizhan-1.jpg
 
 

Иногда я спрашиваю себя, если моя работа не была бы более полезной с детьми этого возраста, которые используют рисунок безразлично по отношению к тексту. Ученики, с которыми я работаю, часто выбирали рисунок, но уже оставили рассказ, который нужно придумать. Красивые картинки, но нет истории. Из этого и появилась идея совместной работы с режиссерами…

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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 11:54
Voilà quelques unes des histoire dessinées par les élèves la semaine dernière avec le sujet imposé "Sylvain découvre Shymkent"... Je rappelle qu'ils n'avaient qu'une demi-heure pour ça, et que la  plupart n'ont jamais touché un crayon, hormis pour griffoner les storyboard de leurs court-metrages. D'ailleurs, si vous regardez bien vous verrez plusieurs indices : la taille des cadres presque toujours égale, les numéros qui leur sont donnés, l'absence de dialogue...  Vous remarquerez aussi le côté gag récurrent, comme si  une histoire devait forcément  être drôle du  moment qu'elle était dessinée, comme si la bande dessinée et le dessin animé n'étaient encore qu'un moyen de divertissement. Moi qui étais arrivé avec mes projets d'écriture autobiographique, j'ai du oublier et l'écriture et l'autobiographique, mais peu importe.
Ici comme ailleurs ceux qui créent sont souvent les plus sensibles aux tendances qui les entourent et les jeunes créateurs les premiers répètent ce qu'ils voient, et ce qu'ils aiment. Donc si la peau de banane est encore en tête du hit-parade, pas de soucis : qu'ils en dessinent des kilos et des kilos pour que les gens commencent à ouvrir des bandes dessinées.
Les autres genres suivront si celui-ci marche.

Abeldinov-Aday021.jpgAday Abeldinov

Autre chose intéressante qui revient assez souvent dans les travaux des étudiants : le sens de la situation, de l'humour (case numéro 2), associé à un manque assez étonnant d'envergure dans le  déroulement de l'histoire  (celle du dessus est une suite d'idées sans lien logique). En gros de la spontanéité mais pas mal de migraine quand il faut enchaîner plus de 3 cases.

Marina-Marelskaya019.jpgMarina Marelskaya


Là, il y a des phyllactères, dans la seconde case, on peut même lire Antonio Banderas (alors que Sylvain est petit et blond, mais le passeport français ouvre la porte à tous les rêves, même si ici les étudiantes me trouvent plus proche de Pierre Richard que de Romain Duris...) on voit aussi des cases de format varié (pas seulement case et double case). Par contre, et c'est encore un problème récurrent : pas mal d'étudiants bossent en format couché ce qui n'est pas la meilleure idée pour tester le fonctionnement d'une histoire qui sera dessinée à la verticale.

Yulduz.jpgJulduz

Encore une fois on a un storyboard de cinéma mais ça se comprend, Julduz est monteuse à Kazakhfilm

L'histoire suivante est la meilleure surprise de la séance, dessinée par un étudiant en général pas très à l'aise. Peut-être le sujet, peut-être les conditions, cette fois-ci en tout cas il s'est libéré (c'est horrible, je commence à parler comme mes profs des beaux-arts...) et son histoire est simple, drôle et bien dessinée.

Shimkent-Yaroslav-1.jpg

Shimkent-Yaroslav-2.jpg

Yaroslav Dvoryaninov

Si vous regardez bien, il y a là dedans à peu près tous les ingrédients d'une bonne BD, il ne lui manque qu'un peu de temps et ça devrait donner quelque chose de pas mal...

Je vous avais parlé il y a quelques jours de la petite génie de 13 ans qui remplit ses cahiers, elle a récidivé : sa mère me l'a amené, avec sa petite soeur, et m'a avoué l'air mi fier, mi inquiète que sa fille en avait encore rempli 3 cette semaine. C'est assez incroyable : les idées vont tellement vite dans sa tête qu'une page sur deux elle ne dessine qu'une partie - toujours celle essentielle - de ses personnages, pour ne pas perdre le fil de son histoire. A voir ses cahiers on a l'impression qu'elle a trouvé son moyen d'expression, enfin, et qu'elle rattrape le temps perdu. L'histoire qui suit, toujours sur le thème Sylvain à Shymkent est loin d'être bien dessinée, mais contrairement à pas mal d'autres il y a une logique, il y a même déjà du comique de répétition (comme si elle était déjà à l'aise avec les règles de narration). C'est assez étrange, je me dis parfois qu'elle est en train de passer en revue tous les classiques du genre avant de s'attaquer d'ici quelques temps à ses propres histoires.

Elle s'appelle Aizhan.Shimkent-Mukaeva-Aizhan-3.jpg
Shimkent-Mukaeva-Aizhan-1.jpgParfois je me demande si mon boulot ne serait pas plus utile avec des enfants de cet âge qui utilisent encore le dessin preque indifférement du texte pour s'exprimer. Les étudiants avec qui je travaille ont souvent opté pour le dessin, mais ont parfois laissé en route la narration qu'il permet. De belles images, mais pas d'histoire en quelque sorte. D'où l'idée de les associer aux réalisateurs...

 
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 06:32
Среди маленьких упражнений, которые я давал своим ученикам – ожидая маленькие тетрадки, о которых я расскажу позже – я забавлялся эти первые недели, заставляя рисовать портреты, секундомер в руке. Для этого, кроме моего переводчика Кайрата и меня самого, были привлечены мои друзья, которые послужили моделями (спасибо АннеСан, и спасибо КостантинуСан). 

Цель упражнения, классика, но эффективно: отдалить учеников от неудобств (время, навязанные принуждения, модели…) для того, чтобы рисунок, стиль рисунка не являлся главной целью, но средством самовыражения – в этом же смысле и времени, в какой-то мере – в их собственных комиксах, это диалоги, разрезание, иконографические коды… Можно было бы отдалить достаточно далеко их отражения по поводу роли рисунка, эстетики, и, в общем, видимости Казахстана, в повседневной жизни и в социальных правилах, получилось бы немало интересных вещей, о которых можно было рассказать, но это будет в другом посте или в другом блоге.  

 

Следующая цель упражнения: заставить застенчивых учеников забыть о комплексах, о разности уровней, и если возможно заставить их развлекаться, например: нарисовать модель в обличии пирата, гейши, дедушки, собаки… (извиняюсь перед АннойСан, перед КонстантиномСан, перед Кайратом, перед Сильваном).    

 

Результат получился как всегда: наиболее одаренные сделали по привычке, наиболее неловкие обратились к стереотипам (загадка: сколько процентов Эйфелевой башни присутствует в рисунках, при этом рисовали меня?), а новенькие хорошо развлеклись. Но, наконец, после 2-ух или 3-ех уроков, все начали выходить из своих баррикад и исследовать новые земли. И далее от портрета к кадрированному портрету, от кадрированного портрета к наложенным кадрам, и от наложенных кадров к комиксам, лежит один лишь шаг. Ученики, еще не очень хорошо ощущающие себя в техники, пытались возместить свою неумелость, либо при помощи идеи, либо при помощи декора, и лучшие, кроме отличного качества рисунка, пытались отобразить лучше позу и характерах персонажей. Поэтому получилось 3 или 4 разных рисунка на каждую модель: классический портрет, карикатура, интерпретация, маленькая сцена… которые уже ведут к рождению стилей.   

 


Начинаем с самого приятного: отомстить учителю…
 

 

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 17:33
Parmi les petits exercices donnés à mes élèves – et en attendant les petits cahiers dont je vous parlerai bientôt – je me suis amusé ces premières semaines à leur faire dessiner des portraits à la chaine, chronomètre a la main. Pour ca, outre Kairat mon traducteur et moi-même, j’ai appelé à la rescousse plusieurs amis pour servir de modèles (merci AnnaSan, merci ConstantinSan).

Le but du jeu, classique mais efficace : pousser les élèves suffisament loin dans l’inconfort (temps, contraintes imposées, modèles...) pour que le dessin, le style du dessin, ne soient plus un but en soi mais seulement un moyen de s’exprimer – au même titre à terme et dans une certaine mesure - dans leur bande dessinée que les dialogues, le découpage, les codes iconographiques... On pourrait d’ailleurs pousser assez loin la réflexion sur le role de l’image, de l’esthétique, et en général de l’apparence au Kazakhstan, jusque dans la vie courante et les règles sociales, il y aurait pas mal de choses intéressantes à dire, mais ce sera pour un autre post ou un autre blog.

Autre but de l’exercice : décomplexer les élèves les plus timides, faire oublier les différences de niveaux, et si possible les faire s’amuser, par exemple : dessinez-le comme un pirate, une geisha, un grand-père, un chien... (pardon AnnaSan, pardon ConstantinSan, pardon Kairat, pardon Sylvain).

Le résultat a été classique, lui aussi : les plus doués se sont d’abord cantonnés dans leurs habitudes, les plus maladroits dans les stéréotypes (petite devinette : quel est le pourcentage de tour eiffel dans les portraits qu’ils ont fait de moi ?) et les petits nouveaux, eux, se sont amusés. Mais finalement, après 2 ou 3 cours tout le monde a commencé à sortir de ses retranchements et à s’aventurer en terrain inconnu. Et puis du portrait au portrait cadré, puis du portrait cadré au cadres juxtaposés et des cadres juxtaposés à la bande dessinée il n’y a qu’un pas qu’on a franchi tranquillement. Les élèves encore peu à l’aise techniquement ont souvent cherché à compenser leur maladresse, soit par une idée, soit par un décor, et les meilleurs, outre la qualité du dessin sont allés chercher dans la posture et le caractère des modèles. On se retrouve donc pour un meme modèle avec 3 ou 4 sortes de dessins différents : portrait classique, caricature, interprétation, petite scène... qui donnent déjà des naissances de styles.

On commence par le plus agréable : se venger du prof...

 


Murat Alimov

Nicolas-Gulmira-copie-1.jpgGulmira Kuaniday


Sana Sabyrgalyeva

Nicolas-Juldyz-copie-1.jpgJuldyz Jangieri

Nicolas-Askhat.jpgAskhat Ismagulov

Nicolas-Guljan-copie-1.jpgGuljan


Kuanish Nagiz


Mika Dungendaeva


Nicolas-Tilek.jpgTilek Tileukazy

Turdybek Maidan
  
 
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Published by Nicolas Journoud - dans Dessins - РИСУНКИ
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