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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 17:17
Bon, pas de chance, ce matin (jeudi 17 janvier) il y avait visite médicale pour les élèves à la polyclinique et mon traducteur avait un entretien d'embauche à l'autre bout de la ville. Heureusement pour moi Zaituna, la traductrice de 17 ans surdouée, avait décidée d'être malade cette semaine à l'école et elle est venue traduire le cours - merci Zaituna.
Parfois ce projet pourrait ressembler à "Lost in la Mancha", mais ce n'est pas plus mal de devoir constament, non pas se remettre en cause, mais surtout continuer à chercher des élèves et en découvrir parfois de talentueux. La masterclasse d'Almaty est plus une classe ouverte qu'un cours classique, vient et repart qui veut, et plus le temps passe, plus le groupe qui se forme devient intéressant, enfin autonome, coupé de l'univers Beaux-Arts et des classes dont chacun est issu pour ne plus se regrouper qu'autour de la BD et des histoires de chacun.

Aujourd'hui pour reprendre en douceur, et il y avait encore de nouveaux élèves, c'était séance phylactère, en gros comment la façon d'écrire et de placer le texte contrinbue au sens . Exercice tout simple : deux personnages-batons placés l'un
face à l'autre, avec le garçon qui dit "YA TEBYA LIOUBLIOU" ( Je t'aime). Et la consigne toute simple : "trouvez-moi cinq façons différentes d'écrire ce texte".

J'attendais a priori qu'on me mette le texte dans un ou plusieurs phylactères, qu'on me dessine des lettres tremblotantes, hésitantes ou au contraires énormes et tonitruantes, qu'on joue aussi sur la taille et la forme des phylactères. Bon, j'ai eu tout ça, un peu dans le désordre, et un peu maladroitement, mais j'ai surtout eu ça :


Jetaimeserik.jpg
Sur le coup j'ai trouvé ça plutôt marrant qu'un élève soit aussi direct - j'aimais particulièrement les deux nattes de la fille dressées sur la tête, entre horreur et surprise, devant le premier phylactère phallique de l'histoire - mais en fait il paraît que ce n'est qu'une flèche.
Soit.

...

J'ai donc procédé à une petite enquête auprès de mes huit élèves de la journée et il s'avère que je n'ai pas l'esprit tordu, enfin pas trop, et que c'est bien l'inconscient du dessinateur qui est plutôt virulent. Ca m'a rassuré, et ça m'a donné quelques idées pour le cours prochain. Maintenant  qu'on est tous partis dans l'écriture des scenari, on va passer un peu de temps sur le rapport "ce que l'on veut montrer" / "ce que l'on voit - comprend". Et dans le cas des bd autobiographiques, ou on pense souvent maitriser tous les parametres de l'histoire, ce rapport là est plus qu'intéressant. Le dessin bien sûr est à la maison et il reviendra avec moi dans les valises. A part ce petit chef-d'oeuvre, ce premier cours de l'année a été assez efficace : pour la première fois des élèves ont raconté l'histoire qu'ils allaient dessinée et des discussions ont eu lieu. On passe doucement au mode actif, et je ne suis peut-être pas le plus surpris de tous.

Et encore une bonne nouvelle : "Comment je me suis cassé le nez", la première histoire dessinée cette année par un étudiant est sur le point d'être finie, et j'en suis très fier (fier et soulagé). On devrait mettre le texte russe et imprimer une version demain qui servira à la com du projet et la version française suivra d'ici peu.
Je parlerai un peu plus de l'étudiante à ce moment.

Pour le moment, voici déjà la couverture provisoire. 

Couverture-provisoire.jpg
Jeudi prochain les premiers storyboards et le retour des élèves de la polyclinique, à moins qu'il n'y ait une sortie musée ou une fête nationale qui tombe ce jour-là...

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Published by Nicolas Journoud - dans Dessins - РИСУНКИ
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