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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 09:02
Je l'avais posté fin décembre et présenté début janvier mais l'histoire de "Altaï Oïyn" est en fait encore plus étrange que ce que j'avais écrit précédemment : je suis allé chez Tamara samedi dernier pour lui présenter la version russe du texte de présentation et il s'avère que j'ai oublié pas mal de petits détails, donc je reprends.

Tamara Nikolaevna Mukanova, réalisatrice kazakhstanaise (altaïenne) et professeur à l'école des Beaux Arts d'Almaty a eu l'idée de ce court-métrage complètement par hasard pendant l'été 1991 en se rendant un jour chez une amie et en aperçevant 4 os de moutons que celle-ci avait peint comme des personages. "Je sais pas pourquoi, mais j'ai tout de suite vu l'histoire qu'on pourrait faire avec, d'un seul coup, avec les mains en plus en pâte à modeler, le décor". Le thème des fêtes traditionnelles a effectivement peut-être été inspiré par ces os avec lesquels les enfants jouent, et avec lesquels elle jouait étant enfant elle aussi.
Le plus miraculeux, pour ceux qui ont déjà été confrontés à la création et à ses embûches, n'est pas tant la façon dont l'idée lui est venue que celle dont les moyens de la réaliser lui ont été donnés. Une dizaine de jours plus tard elle rencontre un ami de son amie qui avait peint les os, et discute avec lui de son idée. Lui était plutôt aisé ce qui est une façon de dire très riche dans ces années où Tamara qui travaillait pour les studios subventionnés par l'URSS avait de légers problèmes pour obtenir ne serait-ce que son salaire. 
"Mmmhh, intéressant... Et combien vous faudrait-il exactement pour faire ce film ?" a simplement demandé l'homme quand elle eu fini d'expliquer son histoire.
Tamara a donné un chiffre.
...
"Eh bien je vous les donne"

Décidé pendant l'été 1991 le court-métrage a été terminé au début de l'année 1992. En tout 7 personnes ont travaillé dessus, cameraman, ingénieur son, musicien, réalisatrice et 3 techniciens... dans un studio qui a depuis fermé ses portes. Et comme pas mal de créations de l'époque il a rejoint aussitôt les placards sans être diffusé dans aucun festival. Il semble qu'il ait été montré pour la première fois au festival de Shymkent en novembre dernier, vous imaginez l'émotion de Tamara de voir diffuser enfin le court-métrage qu'elle avait réalisé 16 ans auparavant.

Tamara m'a aussi raconté qu'elle avait demandé à son amie de peindre une vingtaine de personnages supplémentaires pour le film, mais le jour où elle devait venir les chercher son amie était malade, à l'hôpital. "Les os avaient ont été peints par un collègue, mais ça a été un vrai massacre, il a fallu tout effacer, frotter, faire bouillir les os et tout repeindre, j'en ai pleuré tellement j'étais énervée".

A propos du dessin animé, on voit à plusieurs moment un personage, mains jointes, passer en revue d'autres personnages alignés les uns à côté des autres et sembler leur donner quelquechose. Dans la réalité le premier personnages tient entre ses mains un objet qu'il donne à un des participants de la file lorsqu'il fait glisser ses mains entre les siennes également jointes, et il répète l'opération avec toute la file. Le but du jeu est ensuite de deviner à quelle personne il a remis le cadeau.

Pour moi qui habite ici depuis plus d'an un, ce dessin animé a été ma meilleure surprise artistique.

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