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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 15:56
Voici un exemple des petits carnets, en attendant de récupérer les autres à la rentrée. La prochaine fois je choisirai quand même un autre format, c'est une m... à scanner ces petites vignettes (pour une fois je suis content que presque aucun élève n'ait fait ce que j'ai demandé, j'en aurai pas des dizaines à scanner...)

Le carnet est celui d'Aigul, qui n'est pas étudiante aux Beaux-Arts mais à l'université de design, et qui vient aux cours du lundi, ceux qui ont lieu au très bon café Kamelot, rues seyfulin/vinograd.  De tous ceux qui venaient ce jour-là c'est la seule qui a resisté à mon mauvais russe, vu que le lundi mon traducteur fait relâche, et au boulot que je demandais. Mieux c'est la SEULE personne que j'ai vue arriver en courant parcequ'elle était en retard, un grand jour pour moi, j'ai jamais été aussi ému dans ma jeune carrière de professeur...

Aigul fait partie de ces étudiants qui sont venus à la BD par curiosité, puis par goût , et qui se sont appropriés cette technique et commencent à l'explorer de leur côté sur internet et dans les librairies - jusqu'à regarder le tome 4 d'Evangelion avant les 3 premiers sans rien y comprendre, ou s'enfiler 20 épisodes de mangas dans la nuit, ou découvrir le hentaï par erreur...

Sur une période aussi courte que trois mois, en partant d'une expérience zéro et en tombant aussi vite dans l'univers manga, le parcours est forcément limpide, un peu caricatural, mais il est intéressant de voir comment, Aigul par exemple, qui n'aime pas spécialement ses études actuelles ni se lever tôt le matin, raconte toujours la même histoire, que ce soit avec son dessin, ou avec ses imitations de mangas. Le dessin au service d'une histoire.

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Un jour j'ai apporté des photocopies de différentes BD, notamment "Quartier Lointain" de Jirô Taniguchi et "Mafalda" de Quino, et le virus du manga a frappé Aigul. Les premiers effets se sont fait sentir immédiatement...
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undefinedLes yeux... les cheveux, imperceptiblement
undefinedundefinedAvec de petits répits rassurants, certes,
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Mais le virus  gagnait du terrain.undefinedInexorablement
undefinedUne dernière fois j'ai cru qu'elle pourrait s'en sortir...
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Mais nonundefinedundefined
Le mal était désormais trop profond

undefinedundefinedInfiltré

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Enraciné
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Et pour quelqu'un qui n'avait jamais ouvert une BD il y a trois mois, je trouve ça plutôt bien...


J'ai revu Aigul juste avant les fêtes de Noël, la veille de sa semaine d'exam, ponctuelle. Je lui avais demandé de commencer à rassembler des idées, des croquis, des personnages pour son histoire, et elle m'a apporté une dizaine de feuilles qu'elle a étalées sur la table par-dessus les tasses et les rondelles de citron (oui, c'est un cours confortable, mais sérieux). Le dessin était toujours dans la veine manga mais, pas si curieusement que ça, sortie du petit carnet elle avait perdu son aisance à griffoner, le dessin était plus raide, mais toujours en progrès, c'est ce jour-là qu'elle m'a avoué être tombée sur un animé hentaï, encore surprise et amusée qu'un dessin qu'elle croyait destiné à des histoires spécifiques puisse servir à de tels sujets. Comme c'était Noël je lui ai offert "V pour Vendetta", un des deux albums BD traduits en russe en vente dans le megastore près de de chez moi, on verra dans une semaine si ses persos portent maintenant des masques souriants.
Depuis j'ai reçu plusieurs sms, "elle n'est pas contente de son histoire", "elle ne fait rien de bon". Ca me fait plaisir : quelque soit son niveau, un dessinateur insatisfait c'est toujours prometteur.

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Published by Nicolas Journoud - dans Dessins - РИСУНКИ
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