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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 11:54
Voilà quelques unes des histoire dessinées par les élèves la semaine dernière avec le sujet imposé "Sylvain découvre Shymkent"... Je rappelle qu'ils n'avaient qu'une demi-heure pour ça, et que la  plupart n'ont jamais touché un crayon, hormis pour griffoner les storyboard de leurs court-metrages. D'ailleurs, si vous regardez bien vous verrez plusieurs indices : la taille des cadres presque toujours égale, les numéros qui leur sont donnés, l'absence de dialogue...  Vous remarquerez aussi le côté gag récurrent, comme si  une histoire devait forcément  être drôle du  moment qu'elle était dessinée, comme si la bande dessinée et le dessin animé n'étaient encore qu'un moyen de divertissement. Moi qui étais arrivé avec mes projets d'écriture autobiographique, j'ai du oublier et l'écriture et l'autobiographique, mais peu importe.
Ici comme ailleurs ceux qui créent sont souvent les plus sensibles aux tendances qui les entourent et les jeunes créateurs les premiers répètent ce qu'ils voient, et ce qu'ils aiment. Donc si la peau de banane est encore en tête du hit-parade, pas de soucis : qu'ils en dessinent des kilos et des kilos pour que les gens commencent à ouvrir des bandes dessinées.
Les autres genres suivront si celui-ci marche.

Abeldinov-Aday021.jpgAday Abeldinov

Autre chose intéressante qui revient assez souvent dans les travaux des étudiants : le sens de la situation, de l'humour (case numéro 2), associé à un manque assez étonnant d'envergure dans le  déroulement de l'histoire  (celle du dessus est une suite d'idées sans lien logique). En gros de la spontanéité mais pas mal de migraine quand il faut enchaîner plus de 3 cases.

Marina-Marelskaya019.jpgMarina Marelskaya


Là, il y a des phyllactères, dans la seconde case, on peut même lire Antonio Banderas (alors que Sylvain est petit et blond, mais le passeport français ouvre la porte à tous les rêves, même si ici les étudiantes me trouvent plus proche de Pierre Richard que de Romain Duris...) on voit aussi des cases de format varié (pas seulement case et double case). Par contre, et c'est encore un problème récurrent : pas mal d'étudiants bossent en format couché ce qui n'est pas la meilleure idée pour tester le fonctionnement d'une histoire qui sera dessinée à la verticale.

Yulduz.jpgJulduz

Encore une fois on a un storyboard de cinéma mais ça se comprend, Julduz est monteuse à Kazakhfilm

L'histoire suivante est la meilleure surprise de la séance, dessinée par un étudiant en général pas très à l'aise. Peut-être le sujet, peut-être les conditions, cette fois-ci en tout cas il s'est libéré (c'est horrible, je commence à parler comme mes profs des beaux-arts...) et son histoire est simple, drôle et bien dessinée.

Shimkent-Yaroslav-1.jpg

Shimkent-Yaroslav-2.jpg

Yaroslav Dvoryaninov

Si vous regardez bien, il y a là dedans à peu près tous les ingrédients d'une bonne BD, il ne lui manque qu'un peu de temps et ça devrait donner quelque chose de pas mal...

Je vous avais parlé il y a quelques jours de la petite génie de 13 ans qui remplit ses cahiers, elle a récidivé : sa mère me l'a amené, avec sa petite soeur, et m'a avoué l'air mi fier, mi inquiète que sa fille en avait encore rempli 3 cette semaine. C'est assez incroyable : les idées vont tellement vite dans sa tête qu'une page sur deux elle ne dessine qu'une partie - toujours celle essentielle - de ses personnages, pour ne pas perdre le fil de son histoire. A voir ses cahiers on a l'impression qu'elle a trouvé son moyen d'expression, enfin, et qu'elle rattrape le temps perdu. L'histoire qui suit, toujours sur le thème Sylvain à Shymkent est loin d'être bien dessinée, mais contrairement à pas mal d'autres il y a une logique, il y a même déjà du comique de répétition (comme si elle était déjà à l'aise avec les règles de narration). C'est assez étrange, je me dis parfois qu'elle est en train de passer en revue tous les classiques du genre avant de s'attaquer d'ici quelques temps à ses propres histoires.

Elle s'appelle Aizhan.Shimkent-Mukaeva-Aizhan-3.jpg
Shimkent-Mukaeva-Aizhan-1.jpgParfois je me demande si mon boulot ne serait pas plus utile avec des enfants de cet âge qui utilisent encore le dessin preque indifférement du texte pour s'exprimer. Les étudiants avec qui je travaille ont souvent opté pour le dessin, mais ont parfois laissé en route la narration qu'il permet. De belles images, mais pas d'histoire en quelque sorte. D'où l'idée de les associer aux réalisateurs...

 

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Published by Nicolas Journoud - dans Dessins - РИСУНКИ
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